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La fourchette, la princesse et le courroux divin

Norbert Elias s’intéresse en particulier à l’évolution des “manières de table”, c’est-à-dire aux manières de bien se tenir à table. Il cite de nombreux manuels de civilité produits au Moyen Age. Il montre en particulier que l’usage de la fourchette ne s’est imposé que très progressivement en Occident. Ce n’est qu’à la fin du Moyen Age que l’usage de la fourchette se diffuse , en commençant par les cours princières, avant de s’étendre à des milieux plus modestes. L’Occident semble cependant avoir été bien en retard en ce qui concerne la fourchette, comme en témoigne ce passage, p. 99:

Au XIe siècle, un doge vénitien épousa une princesse grecque. Dans les milieux byzantins auxquels elle appartenait on se servait, de toute évidence, de fourchettes. Nous apprenons en effet que la princesse portait sa nourriture à la bouche “au moyen de petites fourches en or et à deux dents”.

Ce fait provoqua à Venise un éclat sans précédent : “Cette nouveauté passa pour une marque de raffinement si outré, que la dogaresse fut sévèrement blâmée par les ecclésiastiqes, qui attirèrent sur elle le courroux divin. Peu après, elle fut atteinte d’une maladie repoussante et saint Bonaventure n’hésita pas à déclarer que c’était un châtiment de Dieu.”

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