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Marco Polo – Comment le plaisir vient aux femmes

Marco Polo – Comment le plaisir vient aux femmes

Marco Polo, Niccoló de Conti ou  Comment le plaisir vient aux femmes

A partir du milieu du XIIIe siècle, un certain nombre de voyageurs médiévaux ont poussé l’exploration jusqu’en Chine. Marco Polo, resté le plus célèbre, fut même fonctionnaire à la Cour de Pékin pendant 16 ans.

Niccoló de’ Conti (1375-1469), un autre de ces grands explorateurs, partit en 1414 pour un périple de 25 ans, qui le mena jusqu’en Extrême-Orient. De retour à Rome, il fut soumis à pénitence par le pape Eugène IV, car, pour sauver sa vie au cours de ses voyages, il avait été amené à renier la foi chrétienne. La pénitence que le Saint Père lui imposa fut de faire le récit complet de ses pérégrinations au Pogge, le secrétaire particulier du pape. Le Pogge inséra ce récit dans son ouvrage intituléDe Fortunate ; il lui fournissait des images saisissantes pour illustrer sa réflexion sur les variations de la Fortune.

Le fragment qui suit décrit les pratiques conjugales auxquelles se livrent les habitants de la ville d’Ava (dans l’actuelle Birmanie), fondée en 1364 et qui restera la résidence royale jusqu’au 17e siècle. Le goût du Pogge pour les détails licencieux et les anecdotes libidineuses (dont ses Facéties témoignent avec une aussi éloquente impertinence) y apparaît sans fard. De tels détails plaisaient aux lecteurs, comme le démontrent les signes marginaux destinés à repérer ces passages, que l’on retrouve sur presque tous les manuscrits aujourd’hui conservés de ce texte. Le Pogge applique ainsi le principe de ladelectatio, que recommande Cicéron dans son Art oratoire. Il est certain que de telles anecdotes piquent la curiosité du lecteur et réveillent son attention, que pourrait assoupir un long traité théorique. Elles ont, de plus, le mérite d’exposer les diverses tribulations auxquelles s’est exposé le voyageur dans des contrées lointaines où les femmes semblent certes accueillantes, mais aussi diablement exigeantes !

” Le voyageur affirme que cette ville est la seule où l’on trouve un très grand nombre de boutiques pour un usage bouffon et licencieux – j’en fais mention pour plaisanter. Dans ces boutiques sont vendus, uniquement par des femmes, des objets que nous nommons sonnailles – nommées ainsi, je présume, par le son qu’elles produisent – qui sont en or, en argent ou en bronze et ont la forme de petites noisettes. Avant de prendre femme, l’homme se rend dans ces boutiques – car sinon, il n’est pas admis à se marier. Après avoir un peu incisé, puis soulevé, la peau de son membre viril, on introduit entre la peau et la chair jusqu’à douze de ces sonnailles, et même davantage, au gré du client, en divers endroits, et tout autour. Une fois que la peau a été recousue, il guérit en quelques jours. Les hommes agissent ainsi pour satisfaire le désir de leurs épouses : en effet, grâce à ces nodosités, pour ainsi dire, et au gonflement de leur membre, les femmes éprouvent le plus grand plaisir. Lorsqu’ils marchent, nombreux sont les hommes dont le membre en frottant contre leurs jambes produit un son bien perceptible. Niccoló fut lui même assez souvent prié de se conformer à cet usage par les femmes qui se moquaient de lui à cause de la petitesse de son sexe mais il refusa de souffrir pour satisfaire le plaisir des autres. “

Poggio Bracciolini, De l’Inde. Les voyages en Asie de Niccoló de Conti. Texte établi, traduit et commenté par Michèle Guéret-Laferté, éditions Brepols, Turnhout, publié en 2004, p. 103.

Texte original en latin :

” Hac sola in civitate plurimas tabernas rei, quam ioci gratia scripsi, ridiculae lasciuaeque esse affirmat. Vendi in his, a solis feminis, ea, quae nos sonalia, a sono, ut puto dicta, appellamus, aurea, argentea aereaque, in modum paruulae avellanae. Ad has virum antequam uxorem capiat (aliter enim reicitur a coniugo) proficisci. Execta atque elevata paulum membri virilis cute, trudi inter pelem et carnem ex his sonalis usque ad duodecim et amplius prout libuit, variis circum circa locis ; inde consuta cute intra paucos sanari dies. Hoc ad explendam mulierum libidinem faciunt : his enim tanquam internodis membrique tumore feminas summa voluptate affici. Multorum, dum ambulant, membra tibiis repercussa resonant, ita ut audiantur. Ad hoc Nicolaus saepius a mulieribus, quae eum a paruitate priapi deridebant, invitatus, noluit dolorem suum aliis uoluptati esse. “

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